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CPE vu des USA : "Liberté, égalité, stupidité"
Emmanuelle Richard, journaliste française installée aux USA, nous fait un excellent résumé de la perception de la France depuis là-bas.
Pendant ce temps là, les jeunes diplomés américains s'approchent du plein emploi (source Reuters) !
Que cherche les jeunes français : un CDI à vie tranquille ? Je ne crois pas pourtant qu'ils sont capables de s'accommoder de ce type de vie. Alors il faut peut-être accepter de vivre avec son temps et apprendre à gérer la flexibilité que l'on confond avec précarité, non ? Votre avis ?
MAJ : Dans la lignée image de la France lire "Don't speak english" chez Pierre Chappaz.
mars 25, 2006 dans Actualité | Permalink
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Notifié le 25 mar 2006 16:37:47
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Notifié le 27 mar 2006 13:08:15
Commentaires
Le mouvement actuel n'est pas qu'une simple opposition au CPE. Ce dernier n'a été que le catalyseur de nombreuses craintes vis à vis d'un avenir bouché et l'expression du rejet d'une génération de politiques qui s'écoutent parler plus qu'ils n'écoutent. Du coup, même si certaines idées peuvent être intéressantes, ils ne savent pas les valoriser et ont une communication des plus maladroites (voir blog de MEL la-dessus (http://www.michel-edouard-leclerc.com/blog/m.e.l/index.php).
Je ne suis ni pour ni contre la flexibilité. Je m'en fous. J'ai toujours bougé, changé, pris des risques sans me poser la question d'un avenir confortable. Je pense que la flexibilité peut avoir du bon, car si elle est l'apanage des uns ("les patrons") elle peut aussi être celui des autres : chacun peut aussi utilisé cette flexibilité pour se construire un chemin plus en adéquation avec lui-même.
Cependant, le malaise ici, c'est que les dés sont pipés d'avance pour ces jeunes. Le système éducatif est inadapté et forme une majorité d'étudiants à entrer dans des culs de sac. Il ne valorise pas assez les filières techniques, excellents tremplins professionnels, qui peuvent conduire à terme vers des carrières brillantes. Il prépare des littéraires à faire caissiers(ières) chez Mammouth, vendeurs chez Disney, ou ouvreurs(vreuses) d'enveloppe à la CPAM...
Je ne vais pas m'étendre sur les maux de l'éducation nationale, mais j'ai en tout cas l'impression que les jeunes sont attachés à l'emploi à vie car beaucoup d'entre eux sortent de filières où ils leur sera difficile de trouver un seul emploi, alors, certes, ils veulent le garder le plus longtemps possible. On ne peut pas non plus leur en faire le reproche.
Rédigé par: Laurent | 25 mar 2006 09:15:21
Tiens, j'aurais du faire option littéraire vu les quelques fautes que j'ai laissées sur mon commentaire précédent. Toutes mes excuses!
Rédigé par: Laurent | 25 mar 2006 09:30:27
Je pense que le systéme américain est flexible avec tout le monde: vieux comme jeunes, là ou les politiques français n'osent pas imposer à la génération du baby boom, habituée à pas mal de privilèges sociaux, la même gestion qu'aux USA. Du coup, on prends les jeunes français, et on leur impose des tas de choses, faute de ne pas pouvoir faire la même chose qu'avec les vieux. Faute d'égalité et d'ambition, on désigne toute une génération pour leur dire qu'ils seront plus précaires que leurs ainés, majoritaires dans la population. Ces ainés tiennent à une certaine richesse, remplissent leur poches, arguant du fait qu'ils ont fait partie de la "génération sacrifiée" et qu'ils n'ont plus envie de repartir 20 ans en arriére. Partant de ce principe, ils sont totalement sourds au désarroi des jeunes, et leur appliquent un traitement inhumain qu'eux-mêmes aurait combattus en 1968, ce que les jeunes de maintenant ne peuvent pas faire, puisqu'ils sont bien moins nombreux: _politiques français surtout n'appliquez pas la même flexibilité aux plus de 50 ans, sinon votre popularité va baisser en fléche_ Ok, je veux bien qu'un nouveau diplomé connaisse la précarité, mais il y a des limites. Ouvrez les yeux, c'est pour cela qu'ils sont tous dans la rue.
Rédigé par: Laurent Valdes (Valdo) | 25 mar 2006 10:08:35
Rien à rajouter à ce qu'a écrit Laurent, le problème n'est effectivement pas le CPE en lui-même mais l'ensemble de craintes et de ras-le-bol qu'il cristallise.
Je rajouterai seulement que le fait de faire des études "non-littéraires" (et même carrément scientifiques) ne mets plus - et depuis fort longtemps - à l'abri du chômage; je suis bien placé pour le savoir...
Quant à la réflexion de notre journaliste, elle est bien placée (géographiquement s'entends) pour savoir que nombre de jeunes français diplômés sont flexibles, et plus qu'ils ne le devraient : ne trouvant pas de travail sur place ils s'expatrient en Europe ou aux USA. Reste en France le "tout-venant" : non-diplômés, immigrés victimes du racisme ambiant, jeunes des banlieues, "vieux" travailleurs de plus de 40 (!) ans et autres loosers de tout poil que le pays doit gérer à coup d'aides publiques et d'inventions genre CPE qui, bonnes ou mauvaises, découlent directement de l'incurie des politiques et des hauts responsables des programmes éducatifs (merci la méthode globale et les maths modernes) qui font qu'aujourd'hui un pourcentage hallucinant des élèves qui entrent en 6ème ne sait plus ni lire ni écrire ni s'exprimer correctement dans sa langue maternelle !
Et comment nos brillants penseurs ont-ils essayés de corriger le tir : en décidant de porter coûte que coûte le taux de réussite au bac à 80% ! Lamentable.
On n'a pas fini de payer ces errements, si le pays s'en sort, ce dont je doute, vu que nos politique n'ont effectivement pas fini de s'écouter parler et d'agir pour leur compte plus que pour le pays...
Rédigé par: Christian | 25 mar 2006 15:34:05
Concernant le titre du sujet, je pense qu'en règle générale, la vision depuis l'étranger des tensions "domestiques" (pour parler américains) n'a que peut de valeur, du fait du traitement essentiellment caricatural de ce type de sujet par la presse anglosaxonne de prime abord.
Pour revenir aux jeunes français dans les rues, j'entends un autre message que celui, parait-il, de cette soi-diant aspiration à la planque à vie. J'entends plutôt quelque chose qui s'apparente à un message politique fort, inexistant pendant de nombreuses décénnies (désolé pour les trentenaires et les quadras visés) ... s'appuyant sur le constat que les 15-25 ans d'aujourd'hui reçevront bientôt un des héritages sociaux-économiques les plus catastrophiques de ces 60 dernières années (!) et l'erreur des gouvernants en place et d'un certains nombres d'actifs trentenaires/quadras, c'est de croire bien faire que de continuer de formater cette société bancale sans concerter les principaux intéressés. Les jeunes disent avec insistance, on ne va tout de même pas supporter prochainement votre dette colossale, vos retraites et autres indemnités problématiques sans que vous ne nous écoutiez au sujet même de notre avenir, message qui ne se limite pas aux seules dispositions du fameux CPE ...
Rédigé par: Ray CHOW | 25 mar 2006 21:25:57
Soyons sérieux. Les 'jeunes' ne veulent pas se fatiguer. Ils cherchent la sécurité de l'emploi. Or on ne peut pas obliger des employeurs à conserver des éléments non productifs là où ils sont. En changeant d’entreprise, les jeunes vont acquérir ce qui ne s’apprend par : l’expérience.
Les motifs ne manquent pas pour licencier un employé, le système actuel n'est pas bon.
Je pense que la mesure doit s'appliquer à tous les contrats et pas seulement aux jeunes. N'ayons pas peur des mots : il fau dynamiser le marché de l'emploi, le libéraliser.
Avec la mondialisation, il est impossible d'aller contre le courant de la reforme.
C'est comme un couple, peut-on forcer une femme de rester avec son mari ou réciproquement. Des motifs, il n'en manque jamais. Mais doit-on obliger les uns à rester avec les autres!! Je ne crois pas.
Le CPE a le mérite d’ouvrir un débat sur un tabou de notre société. Je pense que le gouvernement finira par plier, mais les vrais perdants seront les ‘Jeunes’.
Rédigé par: Florian SEROUSSI | 26 mar 2006 12:42:23
Florian, je suis d'accord avec vous sur le principe des éléments non-productifs, cependant tout est dans la manière et dans l'art de motiver les gens. Un patron oppressif, un travail chiant, car il n'y a pas d'autres mots, des différences abusives de traitement, peuvent rendre des éléments productifs non-productifs. Alors libéraliser, je dis OK, mais il n'y a pas de raisons que les jeunes soient plus libéralisés que la moyenne, alors même qu'on joue déjà avec eux comme un patron en ferait de son ballon: un jeune par ci, un jeune par là. Ce n'est pas simplement un clivage libéralisme/non libéralisme, c'est aussi une tranche d'âge qui en a marre. Je ne cherche pas un boulot à vie, étant jeune, je cherche simplement un boulot qui me permettrait de payer mon loyer: j'aimerai qu'on garde les pieds sur terre.
Rédigé par: Valdo | 26 mar 2006 13:49:33
en toute honneté, comment accepterions nous un CNE ? nous ?
Rédigé par: Fabie | 26 mar 2006 14:56:05
Sur le blog Posner et Becker, il y a un très bon post de Richard Posner de l'université de Chicago qui explique que les émeutes actuelles et leur récurrence ne peuvent que s'expliquer par un système de gouvernement inadapté et rappelle que Villepin n'est pas un élu du peuple.
Effectivement, si l'on élargit la perspective, le système français de séparation des pouvoirs n'existe plus : tout est concentré dans les mains de l'Exécutif et ceci peut expliquer à la fois l'explosion des dépenses publiques - non contrôlées par le Parlement - l'absence de débat - le Parlement n'a pas de pouvoir et est soumis à son patron qui est au gouvernement ou à son chef, le chef de l'Etat - et, en conséquence, la perte de légitimité des responsables politiques qui, étant tout-puissants, détruisent toute la logique d'une démocratie : des pouvoirs, des contre-pouvoirs et entre les deux, un débat.
XXX
Rédigé par: XXX | 27 mar 2006 18:14:31
Bonjour Jacques,
Chacun sait qu'un "CDI à vie tranquille", ça n'existe pas. Les chefs d'entreprise lorsqu'ils ont besoin de personnel embauchent (chiffre du jour : -0,4% de chômeurs en février) et peuvent tout autant débaucher. Il existe aujourd'hui en France de multiples solutions d'interim, de CDD, de contrats en alternance...
La question du chômage endémique des jeunes dans notre pays est plutôt celle de la formation.
Tu le dis très bien : les jeunes américains sortant de l'université s'approchent du plein emploi.
Former un jeune coûte cher, mais c'est un bon investissement pour la société, les entreprises. Nos gouvernants ne le savent-ils pas ? Bien sûr que si.
Réformer les filières, prendre les étudiants en main pour les orienter, mettre des moyens financiers dans les locaux, la qualité des enseignants, etc : tout cela est certes moins spectaculaire que de mettre en place un CPE.
A lire cet intéressant témoignage d'une étudiante américaine, en thèse à la Sorbonne (qui décrit les conditions lamentables d'enseignement en France) : http://francoamericanviews.blogspot.com/2006/03/foreign-student-talks-about-sorbonne.html
Et les commentaires qui suivent..
Cordialement
Rédigé par: phil | 31 mar 2006 13:51:37
" N'ayons pas peur des mots : il fau dynamiser le marché de l'emploi, le libéraliser" : tu n'as pas peur des mots, tu ne fais que répéter ce qu'on entend à la télé... Une GRANDE leçon d'intelligence ! Le bons sens prés de nous !!!
Rédigé par: o ! | 1 avr 2006 23:21:07













