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Recrutement Cadres : Marché visible et invisible.

Suite au commentaire d’Isabelle (sur cette note), au sujet de la difficulté du marché du travail pour un « senior », nous souhaitions vous apporter notre éclairage.
Je cite Isabelle : « à l'approche de la cinquantaine et malgré une belle expérience professionnelle, je suis considérée comme "à mettre à la casse". Il semble que cette tendance soit particulièrement française. Il n'y a qu'à regarder le nombre d'annonces de recrutement précisant la tranche d'age requise, généralement celle des 30-35 ans dans mon métier... Révoltant vous dis-je ! Même si je n'ai pas l'air d'une mamie, mamie suis-je cataloguée... »
Inversement des jeunes diplômés comme Nicolas et Nicolas, Thomas ou Fred, me disent qu’il y a très peu de postes pour eux et qu’invariablement on leur répond qu’il faut plus d’expérience.

Conclusion rapide : point de salut en dehors de 30-40 ans, avant on ne sait rien faire, et après on est usé ?

Au passage je rappelle que la loi interdit d’indiquer une tranche d’âge sur une annonce. Les recruteurs peuvent par contre donner des précisions sur la durée de l’expérience. Par exemple : « au moins 5 ans d’expérience de management de commerciaux chez un éditeur »

Même si c’est loin d’être faux, la réalité n’est pas aussi binaire. Une partie de l’explication tient à la structure du marché elle-même. En effet une grosse partie des postes proposés dans les entreprises est invisible !
En particulier dans un contexte tendu, beaucoup d’offres (vraisemblablement au moins 50%) se traitent par relation et/ou à travers les candidatures spontanées. Pour des raisons de coût (achat d’annonces, traitement des CV,…entre autres), d’efficacité (pourquoi perdre du temps alors que j’ai déjà des CV ?), et de confiance dans les candidats recommandés (telle personne m’a été conseillée, c’est un ancien collègue, c’est le cousin du beau-frère d’une copine de ma femme,…), les responsables des ressources humaines et leur direction vont au plus simple. Les grandes entreprises connues n’ont alors quasiment plus besoin de passer d’annonces (Total a ainsi reçu en 2004 près de 300000 CV !!).
Une autre partie invisible est ce qui est confié aux chasseurs de tête (postes de management, cadres expérimentés). Les consultants se servent alors du fichier du cabinet et/ou pratiquent l’approche directe de « cibles » en phase avec le besoin.

Le marché visible (Apec, jobboards, sites entreprises et cabinets de recrutement), à l’inverse va plutôt concentrer des postes proposés aux 27-45 ans. Cette population de cadres est effectivement celle qui est la plus sollicitée aujourd’hui. Dans un contexte où les sociétés évoluent dans des environnements très mobiles et réactifs, elles recherchent des candidats opérationnels immédiatement et capables d’être les managers de demain.

Quels enseignements en tirer pour des candidats ?
    - ne pas se contenter de répondre aux seules annonces
    - faire des candidatures spontanées même si cela est ingrat car le ratio envoi/retour est pire que sur les annonces, mais n’oubliez pas que si vous êtes convoqué vous serez beaucoup moins de candidats (voire le seul)
    - activer son réseau relationnel et chercher à l’étendre (avec LinkedIn, Viaduc, 6nergies par exemple)
    - travailler sa « Netétiquette » (voir ici)

janvier 26, 2005 dans Conseil recrutement aux candidats | Permalink

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Commentaires

> Isabelle
Je trouve son commentaire très juste.
En France on est conformiste et on pense que la loi centralisée fait tout.

CONFORMISTE

Il n'y a qu'en France que l'on a des grilles d'entrées suivant les diplomes, que l'on met "X,Ponts 65" sur sa carte de visite. Dans les "grosses boites" les chargé de recrutement ne prennent pas de risques.

LA DICATURE DU CDI : LE MODELE FONCTIONNAIRE

Je suis employeur depuis plus de 15 ans. Ils est très difficile de mettre fin à un CDI :
- soit le salarié démissionne
- soit on licencie pour faute
- quand on a plus de 55 ans (*) c'est encote plus difficile.

Qu'on se méprenne pas. Je suis tout sauf une "machine à licencier" mais il faut pouvoir renouveler, il faut laisser du dynamisme s'installer.

j'en fait presque un crédo mais le vrai de la France ce sont ces élites : haut fonctionnaire issus des grande écoles.

Ils plaquent sur la société leur modèle :
- sélection pas le diplome
- semi fonctionnarisation de la vie professionnelle

SOLUTION

Je crains qu'il n'y ai pas de solution a court terme tant le malaise est profond. Les employeurs hésitent à recruter et ce n'est un demi mesure (baise de charge de ceci ou de cela) qui chagera quelque chose tant la situation semble tendue.

________________
(*) je n'ai pas les chiffres en tête

Rédigé par: ~laurent | 27 jan 2005 07:37:09

Après 3 ans d'expérience professionnelle et seulement un bac+2 en poche, j'ai vite compris que je devais reprendre mes études si je voulais retrouver un travail dans ma branche (NTIC), car en 2002 le marché n'était plus en joie...

A 26 ans, je vais maintenant être armé d'un bac+5 pour me relancer sur le marché du travail, et si j'en crois les offres d'emploi, c'est mon expérience professionnelle qui fera la différence, le diplôme n'étant qu'une ligne indispensable-mais-pas-suffisante sur mon CV...

Je vais donc m'employer à suivre tous vos conseils, en espérant pouvoir vous annoncer prochainement qu'il y a tout de même un peu d'espoir pour les candidats de moins de 30 ans !

Au plaisir de vous rencontrer si j'ai la chance d'etre élu Candidat du mois :-)

Rédigé par: Nicolas Besson | 27 jan 2005 12:06:47

Il y a plusieurs cas de figure et les uns aussi intéressants que les autres. Je lis avec attention tous vos conseils, je pense que l'on peut toujours trouver une info intéressante en rapport avec nos profils.
Pour ma part, étant déjà bac+5 (DEA), un deuxième +5 (DESS) et une thèse en cours, et ayant plus de 35 ans... l'expérience compte, certes, mais les diplômes aussi comptent, l'âge également: je suis en réorientation de carrière et soit je suis trop âgée, soit pas assez âgée, soit je n'ai pas assez d'expérience dans le domaine dans lequel je veux entrer, soit je suis trop diplômée! Comment changer de cap sans être obligée d'ouvrir (ou avant de le faire) sa propre entreprise? Au rythme où on va en France, si je veux changer de société/carrière je vais devoir devenir mon propre patron (ce n'est pas exclu, mais cela ne se trouve pas dans mes priorités professionnelles pour l'instant).

Rédigé par: Jussara Nunes | 27 jan 2005 14:20:49

Jussara : c'est en effet une partie de l'explosion du nombre de création d'entreprises en France : 226000 en 2004 !
Le nombre de création de sociétés a toujours augmenté dans les périodes diffcilles : un certain nombre préférent en effet créer leur activité que ne rien faire.

Rédigé par: Jacques Froissant | 27 jan 2005 14:27:51

Laurent, que de justesse dans vos propos!

Rédigé par: Marie Hulin | 27 jan 2005 16:41:41

Cher Jacques, je suis particulièrement touché d'avoir été cité comme..."jeune dîplomé" (ne ferais-je donc pas ma trentaine avancée ? ;-), mais sachez que mes études remontent à il y a...15 ans désormais ! ;-)) (je vous invite donc à parcourir attentivement mon CV).
Je suis donc ce qu'on appelle un profil confirmé. Sinon, comment expliquez mon expérience de l'entreprise, des ses fonctionnements, ses métiers et de la recherche d'emploi...tels que cela transpire (je l'espère) sur mon Blog ?... ;-) Cela signifie donc que même une personne d'un profil intermédiaire entre JD et Sénior connait comme ses homologues demandeurs, des difficultés à retrouver l'emploi...
Il faut vraiment qu'on réalise que l'âge (entre autres choses) n'est PAS le problème tant la richesse d'une entreprise vient de la mixité de ses profils, du plus jeune au plus expérimenté. Je comprends la colère d'Isabelle... Quant à Jussara, je ne suis (décidemment) pas surpris par la lucidité de ses constats (é verdade mesmo...).

Rédigé par: Fred. | 27 jan 2005 18:56:48

Fred c'était une joke pour voir si tu suivais !

Rédigé par: Jacques Froissant | 27 jan 2005 19:13:22

Ben voyons... ;-))
A bientôt.

Rédigé par: Fred. | 27 jan 2005 20:21:13

Moi, ce qui m'énerve, ce n'est la visibilité ou l'invisibilité d'une partie du marché de l'emploi, mais l'opacité des processus de recrutement.
Si au moins, on savait pourquoi on est pas retenu, ...

Rédigé par: Benoît L. | 28 jan 2005 10:57:45

Cela fait maintenant 5 ans que tous le monde parle (candidats et recruteurs) du fait que le critère "diplôme" est surévalué en France... mais rien ne change, pourquoi ?
Lors d'entretiens j'ai proposé un assessement que j'avais fait dans mon entreprise précedente, ça n'intéresse personne... Certains cabinets ne font pas passer de test... A quoi sert de prouver chaque jour ses compétences si elles ne pas prises en compte pour son évolution. Cet absence de pragmatisme est démotivante pour des "non-diplomés" comme moi. Ascenceur social est-tu là ???

Rédigé par: Régis D. | 22 fév 2005 13:41:35

Il y a un sujet qui n'a pas été abordé, me semble-t'il dans ce billet ni au cours des commentaires, c'est le véritable marché invisible, pas celui des cooptations ou recrutements évoqué par Jacques dans les grandes entreprises.
Mais le marché du recrutement auprès de très nombreuses PME et TPE qui ne passeront jamais une annonce et sont en mal de collaborateurs multi-fonctions et débrouillards pour les aider à faire décoller leurs activités.
Il faut savoir tout faire ou presque, n'avoir pas peur de se salir les doigts, accepter au départ un petit salaire et éventuellement des parts de la jeune entreprise, ne pas compter ses heures et sa fatigue.
Mais ce vivier d'emploi est conséquent et si l'entreprise a du potentiel, "sky is the limit" pour celui ou celle qui aura fait ce choix.
Afin d'identifier ces entreprises, il convient de se rapprocher des associations d'anciens des grandes écoles, dont pas mal de membres se sont jetés à l'eau de l'entrepreneriat, ou bien des réseaux d'aide et d'accompagnement aux jeunes entreprise, tels que Nord Entreprendre, entre autres.
Le bon plan : pas de DRH ou de filtre discriminatoire (trop jeune, trop vieux, pas ceci, pas cela). On est en ligne directe avec le boss. Qui a un besoin immédiat et avec lequel on peut établir le profil du poste en fonction des projets de l'entreprise. Qui appréciera l'expérience chez les seniors et l'enthousiasme chez les débutants (attention, je n'ai pas dit que les seniors manquent d'enthousiasme !!:)
C'est une piste à ne pas négliger à l'heure où les études montrent qu'en France et malgré les belles envolées sur la "diversité", la plupart des entreprises sont plus portées sur le clônage que sur la mosaïque.... !

Rédigé par: Cath | 28 nov 2006 09:37:39

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